Un policier de Courbevoie mis en examen dans une vaste affaire de blanchiment impliquant le chanteur Gims

Le fonctionnaire de police est soupçonné d’avoir fourni des informations policières confidentielles à un réseau international de blanchiment.

C’est désormais lui qui se retrouve derrière les barreaux. Un policier affecté au commissariat de Courbevoie a été mis en examen à Paris dans le cadre d’une vaste enquête portant sur un réseau international de blanchiment d’argent dans lequel le chanteur Gims est impliqué, selon une information du Parisien. Âgé de 36 ans, le fonctionnaire est poursuivi pour blanchiment en bande organisée, association de malfaiteurs et corruption. Il a été placé en détention provisoire.

D’après les éléments rapportés par le quotidien, Riad A. est soupçonné d’avoir consulté et transmis illégalement des informations issues de fichiers de police entre 2023 et 2024. Ces données auraient été fournies à un proche évoluant au sein d’une organisation criminelle impliquée dans un important système de blanchiment.

L’affaire s’inscrit dans un dossier tentaculaire ouvert depuis 2023 par l’Office National Anti-Fraude (ONAF), qui ont mis au jour un réseau complexe de sociétés écrans et de circuits financiers utilisés pour blanchir des fonds estimés à environ 319 millions d’euros entre 2019 et 2025. Ce système impliquait des flux financiers transitant par plusieurs pays, notamment en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, avant de revenir vers les clients finaux.

Ce dossier judiciaire a déjà conduit à la mise en examen de plusieurs personnes, parmi lesquelles figure le chanteur Gims, Gandhi Djuna de son vrai nom, ainsi qu’une quinzaine d’autres suspects, dont des chefs d’entreprise et des intermédiaires financiers.

Toujours selon Le Parisien, le policier aurait utilisé son téléphone professionnel sécurisé pour effectuer des consultations dans les bases de données de la police nationale. Ces recherches concernaient notamment des personnes recherchées et des immatriculations de véhicules, informations ensuite revendues ou transmises à des membres du réseau criminel. Une consultation aurait même, selon les enquêteurs, pu servir à localiser une victime potentielle dans le cadre d’un projet d’assassinat.

Entendu par les magistrats, Riad A. a reconnu avoir consulté et transmis des informations confidentielles à des personnes non autorisées. Le fonctionnaire affirme toutefois ne pas avoir agi uniquement pour de l’argent, évoquant plutôt des services rendus ou des avantages en nature, tout en reconnaissant avoir eu conscience du caractère illégal de ses actes. Il évoque également une forme de manipulation exercée par un proche. Le policier est ainsi accusé d’avoir perçu près de 7 000 euros en échange de la fourniture de fiches de police qu’il revendait 150 euros l’unité.

Comme le précise le journal, ce Franco-Algérien, divorcé et père de deux adolescents, ne semblait pas rencontrer de difficultés financières. Il possédait notamment une maison à Taverny, un appartement à Argenteuil ainsi qu’une « belle voiture ».

De son côté, son avocat conteste une partie des accusations et affirme que les sommes évoquées ne correspondent pas nécessairement à la réalité. Il rappelle également que la consultation illégale de fichiers policiers via les outils professionnels constitue un problème récurrent au sein de la police nationale.

Suspendu de ses fonctions, le gardien de la paix devrait faire l’objet d’une procédure disciplinaire qui devrait conduire à sa radiation. Il a par ailleurs fait appel de son placement en détention provisoire. Toujours selon Le Parisien, un autre policier aurait également été interpellé dans le cadre de cette même affaire, en Martinique.

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