Placée en liquidation judiciaire, l’histoire d’André s’achève définitivement

Après 130 ans d’existence et plusieurs procédures judiciaires, le chausseur français vient d’être placé en liquidation judiciaire.

L’aventure d’André s’achève. Après 130 ans d’existence et plusieurs procédures judiciaires, le chausseur français vient d’être placé en liquidation judiciaire ce mardi 29 septembre par le Tribunal des Activités Économiques (TAE) de Paris, qui avait ouvert le 9 septembre dernier la procédure de liquidation judiciaire.

À La Défense, l’enseigne était historiquement présente au Westfield Les 4 Temps depuis son inauguration en 1981. Son point de vente avait été transféré ces dernières années dans un emplacement plus petit avant de fermer définitivement le 9 septembre, comme la poignée des autres magasins encore en activité.

Fondée en 1896, André avait progressivement réduit son réseau de magasins au fil de ses difficultés. L’enseigne, qui comptait jusqu’à 500 boutiques au début des années 1980, n’en possédait plus qu’une poignée, dont celle de La Défense avant son placement en liquidation.

Ancienne propriété du groupe Vivarte, autrefois l’un des fleurons français du textile, André n’aura finalement pas résisté à plusieurs années de restructurations. L’enseigne avait été rachetée en 2018 par le spécialiste de la vente en ligne Spartoo, avant d’être placée une première fois en redressement judiciaire en 2020, en pleine crise sanitaire.

Elle avait alors été reprise par 1Monde9, la société de son ancien dirigeant François Feijoo. Cette opération s’était accompagnée d’une importante réduction du réseau : seuls une cinquantaine de magasins sur environ 180 avaient été conservés, auxquels s’ajoutaient 13 magasins affiliés.

André avait ensuite été placé une deuxième fois en redressement judiciaire en février 2023. Quelques mois plus tard, une partie de l’entreprise avait été reprise par la société belge Optakare, dirigée par Karim Redjal. Seuls 21 des 49 magasins et 119 salariés avaient alors été conservés.

Une troisième procédure avait finalement été ouverte en avril 2025. À cette période, le réseau de l’enseigne ne comptait plus que 16 points de vente et 99 salariés.

Cette nouvelle procédure n’aura finalement pas permis de sauver André. L’entreprise, qui ne compte désormais plus qu’une trentaine de salariés, a été jugée impossible à redresser, notamment en raison de difficultés liées à ses locaux et de l’échec de négociations avec certains bailleurs.

Cette nouvelle disparition d’un géant déchu de la mode marque un énième épisode dans l’hécatombe qui touche depuis six ans les secteurs de l’habillement et de la chaussure, confrontés notamment au développement du commerce en ligne et à la concurrence des enseignes à bas prix. Ces dernières années, plusieurs enseignes ont disparu, notamment à La Défense, comme Camaïeu, Comptoir des Cotonniers, Esprit, Naf Naf, Minelli, Princesse Tam Tam, Kookaï, Gap, Pimkie ou encore Kaporal.

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