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mercredi 4 février 2026
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Violée à la sortie d’un bus de nuit, elle avait mordu le pénis de l’un de ses agresseurs

Deux hommes tunisiens ont été condamnés ce mardi par la cour criminelle de Nanterre à huit et dix ans de prison pour le viol d’une touriste transsexuelle canadienne.

Ses vacances se sont terminées par un viol. Sophie (le prénom a été modifié) n’était pas revenue en France depuis cette terrible mésaventure survenue à l’été 2022. Accompagnée de sa mère, cette femme transsexuelle quebecoise d’une trentaine d’années a fait face, lundi et mardi, à ses deux agresseurs devant la cour criminelle de Nanterre.

Dans la nuit du 22 août 2022, Sophie décide de regagner son hôtel situé à La Défense après avoir passé la soirée dans le cœur de la capitale. Elle emprunte alors la ligne N24 du Noctilien, sans se douter de la suite cauchemardesque des événements.

À bord du bus de nuit, la jeune femme s’interpose entre deux hommes, Ahmed K. et Oussama R. qui importunent une passagère. Elle alterne entre l’anglais et le français. Eux parlent principalement en arabe, même si un « sale pute » fuse. Pensant avoir apaisé la situation, Sophie remarque qu’Ahmed K. ne la quitte plus du regard.

Alors qu’elle devait descendre à l’arrêt La Défense, Sophie quitte finalement le bus à Caron vers 5 heures du matin, l’arrêt suivant. Ahmed K. et son acolyte Oussama R. font de même, alors que leur destination se situe à Colombes. Quelques instants auparavant, Oussama R. lui glisse que son ami veut « faire l’amour » avec elle. Pour tenter de les dissuader, Sophie montre sa pomme d’Adam. En vain.

Les deux hommes, tunisiens et en situation irrégulière, la suivent. Sophie tente d’abord de se rapprocher d’un autre passager. Celui-ci, comprenant la situation, invective les agresseurs et leur demande de la laisser tranquille avant de poursuivre sa route. Une intervention insuffisante pour décourager Ahmed K. et Oussama R.

Puis vient l’horreur, alors que Sophie se dirige vers son hôtel. Oussama R. la saisit tandis qu’Ahmed K. lui assène des coups. Craignant qu’on lui vole son sac contenant ses papiers d’identité, Sophie s’y agrippe et se retrouve à genoux. Ahmed K. sort alors son pénis et la force à lui pratiquer une fellation. Son complice affirme avoir pris du recul et observé la scène, une version contestée par Sophie, qui assure qu’il la maintenait.

C’est à ce moment-là que Sophie mord le pénis de son agresseur. « Pour moi, la seule façon de me défendre, c’était de mordre. J’ai peut-être mordu fort, je l’ai fait jusqu’à ce qu’ils me lâchent, qu’ils arrêtent de me frapper », confie-t-elle à la barre, sous les yeux de sa mère venue la soutenir. Oussama R. intervient alors pour défendre son complice, portant des coups à Sophie qui sera même mordue également. Les deux hommes prennent ensuite la fuite.

Choquée, Sophie se dirige vers une borne d’appel pour alerter les secours, son téléphone portable n’ayant plus de batterie. Les secours arrivent sur place quelques dizaines de minutes plus tard, mais les agresseurs ont disparu. De son côté, Ahmed K. souffre de vives douleurs après la morsure à son sexe. Le Tunisien se rend dans l’après-midi à l’hôpital Max-Fourestier (Cash) de Nanterre pour se faire soigner.

Les enquêteurs, qui contactent les hôpitaux des environs, parviennent alors à identifier l’homme, notamment grâce à l’analyse de son ADN et à son téléphone portable. D’autant que Sophie a conservé sur sa robe déchirée des traces de sang et de salive et qu’elle a également craché sur la borne d’appel. Inconnu des services de police au moment des faits, Ahmed K. est finalement interpellé le 10 janvier 2023. Il évoque une relation consentie, affirmant que Sophie l’aurait même aguiché et embrassé, sans jamais expliquer pourquoi aucune plainte n’a été déposée après la morsure. Peu convaincus, les magistrats le placent en détention provisoire.

Oussama R. se présente quant à lui dès le lendemain de l’interpellation de son acolyte auprès des policiers. Il est dans un premier temps incarcéré, avant d’être laissé libre sous contrôle judiciaire.

Comparaissant libre, ce dernier explique aux juges être arrivé en France une quinzaine de jours plus tôt pour travailler. Entré illégalement sur le territoire, il dit ne connaître presque personne et ne pas parler français. Il est hébergé par Ahmed K., lui aussi en situation irrégulière et venu en France pour « bosser ». Ce soir-là, les deux hommes se rendent à Paris pour passer la soirée et consommer de l’alcool.

Tout au long des deux jours d’audience, les accusés n’expriment aucun remords et nient les faits, continuant d’affirmer que Sophie était consentante. Oussama R. se contente de présenter des excuses pour la tentative de vol du sac. « Je suis venu ici pour travailler, je demande pardon pour le vol », lâche-t-il, niant toute agression sexuelle : « Je ne peux pas reconnaître quelque chose que je n’ai pas fait. Je suis innocent ».

Si la cour n’a pas retenu le vol, le viol a en revanche été reconnu. Peu après 21 heures ce mardi, Ahmed K. est condamné à dix ans de réclusion criminelle, assortis d’une interdiction définitive du territoire français. Dans le box vitré, il acquiesce. Vient ensuite la sentence pour Oussama R. : huit ans d’emprisonnement, avec mandat de dépôt, et une interdiction définitive du territoire français pour sa participation au viol. Le jeune homme comprend et fond en larmes. Deux policiers s’approchent immédiatement pour le menotter. Il termine l’audience avec Ahmed K. dans le box en verre.

À la sortie de la salle d’audience, Sophie, qui tente péniblement de se reconstruire, se dit « contente » de la décision. Sa mère, très éprouvée, exprime malgré tout une forme de compassion pour les agresseurs de sa fille. « Je suis triste pour leur famille », souffle-t-elle.

Cette agression a laissé des traces indélébiles dans la vie de Sophie. Lors de son audition, elle a évoqué son angoisse permanente, la peur de subir une nouvelle agression, le fait de dormir avec un couteau sur sa table de nuit et de se déplacer avec un spray anti-ours. Elle a également décidé de stopper sa transition complète et de conserver son pénis afin de ne pas perdre sa testostérone, ce qui, selon elle, lui a sauvé la vie cette nuit-là d’août 2022.

Les deux condamnés comme la victime disposent de dix jours pour faire appel de la décision.

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