Se faire livrer directement chez soi un achat passé sur internet peut s’avérer impossible lorsque l’on habite dans certains quartiers de Nanterre. Considérée comme une « zone à risque », la cité Pablo Picasso, qui jouxte le quartier d’affaires de La Défense, n’est plus desservie par Chronopost et UPS. Les deux transporteurs ont décidé de ne plus y pénétrer depuis quelques années déjà après de nombreux incidents.
Une situation que la conseillère départementale d’opposition, Laureen Genthon, a dénoncée dans un courrier adressé au patron de Chronopost, après avoir été « régulièrement interpellée » par des habitants du quartier.
« Cette décision, aussi discriminante que pénalisante pour les populations concernées, est d’autant plus problématique qu’il s’agit d’un secteur qui compte près de 13 000 habitants et qui fait aujourd’hui l’objet d’un projet de renouvellement urbain majeur, s’accompagnant d’investissements publics significatifs pour la réhabilitation des logements, des espaces publics et de l’appareil commercial », écrit-elle, demandant à Chronopost de « reconsidérer » sa politique de restriction afin de ne plus « pénaliser » celles et ceux qui y vivent et y travaillent.
Boudés par les deux géants de la livraison, les habitants, agacés, semblent résignés. « Je ne les comprends pas », confie André, qui ne nie pas pour autant les problèmes de son quartier. « Je ne dirais pas que le quartier n’est pas dangereux, mais de là à ne plus livrer, c’est exagéré », ajoute cet habitant des emblématiques tours Nuages. De son côté, Sherine dit comprendre le choix de Chronopost et d’UPS, même si la situation lui complique la vie. « C’est énervant de devoir aller dans un point relais », explique-t-elle.
« La sécurité de nos livreurs constitue une priorité absolue. Dans des circonstances exceptionnelles, nous adaptons donc notre service afin de garantir leur protection, tout en assurant une livraison fiable pour les clients et les expéditeurs, qui attendent également que leurs colis soient acheminés en toute sécurité », se défend l’américain UPS. Le groupe met en avant « de graves incidents mettant en cause la sécurité » de ses chauffeurs, tout en précisant que « des solutions alternatives ont toutefois été mises en place pour permettre aux résidents de continuer à recevoir leurs colis » et assure travailler avec les autorités locales pour « réexaminer cette approche ».
De son côté, La Poste justifie les choix de sa filiale, là aussi pour des raisons de sécurité.
« Tant que les conditions de sécurité sur le terrain ne seront pas pleinement réunies, la livraison à domicile reste suspendue sur ce secteur. Chaque fois qu’une situation compromettant la sécurité de nos livreurs se produit, un dépôt de plainte est réalisé », explique le groupe postal, qui dit regretter la gêne occasionnée pour les habitants du quartier.



