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mercredi 14 janvier 2026
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Le promoteur Hermitage s’est fait saisir plusieurs de ses lots dans l’actuel ensemble des Damiers

Une vente aux enchères doit être organisée à la fin du mois portant sur plusieurs lots de l’ensemble des Damiers.

Elles auraient dû se dresser fièrement dans le ciel de La Défense dès 2016. Alors que Paris La Défense cherche à tourner la page du projet Hermitage, la saga des tours jumelles connaît un nouvel épisode. Le promoteur, qui porte ce dossier depuis 2009 –et même un peu avant–, s’est fait saisir plusieurs biens dont il est propriétaire au sein de l’ensemble résidentiel des Damiers (Infra, Anjou et Bretagne). Ces bâtiments, qui étaient voués à la démolition pour laisser place à deux tours de 320 mètres chacune, sont aujourd’hui laissés à l’abandon après le départ contraint de leurs habitants.

Publiée discrètement le 23 décembre dernier dans les pages des annonces légales du Parisien et relevée par Business Immo, une vente aux enchères est programmée le 29 janvier prochain à 14 heures, au tribunal judiciaire de Nanterre. Elle porte sur plusieurs locaux, dont la petite galerie des Damiers. La mise à prix est fixée à 500 000 euros.

Mais Emin Iskenderov, dirigeant d’Hermitage, balaie l’affaire d’un revers de main, qualifiant cette procédure de « rien de sérieux ». « Cela concerne une dette de 300 000 euros qui sera réglée avant cette date. Il ne se passera donc rien », assure l’homme d’affaires russe.

Visiblement, le promoteur n’a toujours pas renoncé à son ambitieux projet de tours mixtes, alors que tous les voyants sont au rouge et que plus personne n’y croit. Malgré la caducité des permis de démolir et de construire, il persiste. Dans quelques jours, il comparaîtra devant le tribunal administratif de Cergy afin de contester l’invalidité de ses autorisations. « Dire que les permis ne sont plus valides avant la décision de justice est incorrect », affirme-t-il.

Hermitage entend également contraindre Paris La Défense à respecter les accords conclus avec son ancêtre, l’ex-Epadesa, mais aussi avec RATP Habitat, avec lequel il avait conclu un accord pour mettre la main sur l’intégralité des Damiers Infra, Anjou et Bretagne. « Nous demandons l’exécution de nos accords ou une indemnisation », martèle Emin Iskenderov, qui réclame judiciairement 1,3 milliard d’euros à Paris La Défense, ainsi qu’un montant équivalent au bailleur social du groupe RATP.

Dix-sept ans après sa présentation en grande pompe, un projet que certains jugent désormais dépassé reste, pour son initiateur, pleinement d’actualité. « Il était largement en avance sur son temps, tant en matière de mixité que de développement durable ou de transport fluvial », estime-t-il, tout en dénonçant la « faillite du quartier », qu’il attribue à « une stratégie héritée des années 1970, fondée sur la construction de bureaux de moyenne gamme ». Selon lui, « aucune tour de La Défense ne répond aujourd’hui aux standards internationaux ».

Concernant le financement de son projet pharaonique, Emin Iskenderov assure qu’il est « bouclé depuis trois ans », sans en dévoiler davantage. Il se contente de rappeler que le projet est évalué à 3 milliards d’euros, un montant inchangé depuis 2009…

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