Le calme et la splendeur équestre ont envoûté la Paris La Défense Arena. Trois ans après un premier passage, l’École Espagnole d’Équitation de Vienne faisait son retour à La Défense ce week-end. L’institution autrichienne, dont l’excellence est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, a proposé deux représentations, samedi soir et dimanche après-midi, dans une arène plongée dans une atmosphère feutrée et contemplative.
Sur fond de musique classique, ponctuée de projections vidéo retraçant l’histoire de l’institution viennoise, vingt-six étalons lipizzans accompagnés de huit écuyers (Rudolf Rostek (écuyer en chef), Herbert Seiberl (écuyer en chef), Marcus Nowotny, Marius Schreiner, Florian Erwin Zimmermann, Helmut Oberhauser, Hannah Zeitlhofer et Theresa Bachhofner) ont démontré durant près de deux heures tout le prestige et la rigueur du dressage classique.
Le spectacle s’est articulé autour de huit tableaux emblématiques de la tradition équestre viennoise. L’ouverture, intitulée « Aufmarsch », a vu défiler les cavaliers lors d’une entrée solennelle au rythme du « Vieux Marsch d’Autriche », offrant une première démonstration d’harmonie collective entre chevaux et écuyers.

La représentation s’est poursuivie avec « Alle Gänge und Touren der Hohen Schule – Teil I », une présentation des différentes allures et exercices de la haute école, avant le tableau « Arbeit an der Hand », travail à pied durant lequel les écuyers guident leurs montures depuis le sol pour exécuter levades, courbettes et caprioles, figures parmi les plus exigeantes du dressage classique.
Moment particulièrement apprécié du public, le « Pas de deux » a mis en scène deux chevaux évoluant en parfaite synchronisation sur une musique de Mozart, illustrant la précision recherchée par l’académie autrichienne. Le travail aux longues rênes (« Am langen Zügel ») a ensuite démontré la finesse du dialogue entre l’homme et le cheval sans cavalier en selle.
La seconde partie du spectacle s’est ouverte avec « Alle Gänge und Touren der Hohen Schule – Teil II », consacrée aux exercices individuels. Quatre chevaux -Conversano Kitty II, Neapolitano Tiberia, Neapolitano Wera et Neapolitano Madera- ont successivement évolué sous la conduite des écuyers, mettant en avant la précision technique et la légèreté caractéristiques de l’école viennoise.

Le septième tableau, « Schulen über der Erde » (« les écoles au-dessus du sol » ou « airs relevés »), a constitué l’un des temps forts de la soirée. Quatre cavaliers y ont présenté les figures les plus spectaculaires de la discipline -levade, courbette et capriole- héritées de l’entraînement militaire des chevaux impériaux.
La représentation s’est achevée par la traditionnelle « Schulquadrille », véritable signature de l’institution. Huit cavaliers et leurs étalons lipizzans ont évolué simultanément dans une chorégraphie parfaitement millimétrée faite de croisements, diagonales et déplacements synchronisés, transformant la piste en un véritable ballet équestre.
Issus d’une lignée développée sous la dynastie des Maison de Habsbourg, les lipizzans sont associés depuis plus de quatre siècles à la tradition du dressage classique européen. L’institution viennoise perpétue un enseignement fondé sur la précision des mouvements, une mise en scène codifiée et le travail du cheval selon les principes de l’équitation académique.
« Nous sommes revenus avec beaucoup de joie et de fierté. C’est un grand plaisir d’être de retour ici », confie Maria Patek, directrice par intérim de l’institution équestre nationale autrichienne, qui espère déjà une troisième venue dans l’enceinte de Nanterre.




