Devenus banals dans la vie quotidienne de nombreux Américains ou Chinois, les petits robots livreurs autonomes pourraient bientôt rouler en France (et peut-être à La Défense ?). Le gouvernement français vient de franchir une première étape importante en permettant l’homologation de ces véhicules électriques capables de transporter des marchandises ou des repas sans conducteur à bord.
Un arrêté publié vendredi 7 août par le ministère chargé des Transports fixe pour la première fois un cadre réglementaire précis pour leur circulation sur la voie publique. Jusqu’à présent, ces engins ne bénéficiaient d’aucune réglementation spécifique en France.
Contrairement aux petits robots de livraison que l’on peut déjà apercevoir dans certaines expérimentations à l’étranger, les modèles concernés par cette réglementation pourront atteindre des dimensions particulièrement importantes.
La réglementation autorise des véhicules pouvant mesurer jusqu’à quatre mètres de long, deux mètres de large et 2,5 mètres de haut. Leur capacité de chargement pourra, elle, atteindre une tonne. Ces robots pourront ainsi être utilisés pour assurer des livraisons de proximité sur plusieurs dizaines de kilomètres.
Pour évoluer sans conducteur, ces véhicules reposeront sur différents équipements capables de surveiller leur environnement en permanence. Caméras, radars et lidars permettront notamment de détecter les obstacles et les autres usagers de la route.
Des logiciels intégrant des technologies d’intelligence artificielle analyseront ces informations afin de permettre au robot de se déplacer de manière autonome et d’adapter son comportement aux conditions de circulation.
L’autonomie ne sera toutefois pas totale. Les opérateurs humains devront continuer à surveiller les véhicules à distance et pourront intervenir lorsqu’une situation nécessitera une prise de contrôle ou une assistance.
Classés dans la catégorie L du Code de la route, aux côtés notamment des tricycles et quadricycles à moteur, ils devront impérativement circuler sur la chaussée. Mais à contrario des villes américaines comme Los Angeles, les trottoirs leur seront interdits, afin de ne pas entrer en conflit avec les piétons.
Une réglementation qui pourrait donc compliquer leur arrivée à La Défense (du moins pour la livraison de repas), où une grande partie des déplacements s’effectue sur l’esplanade. D’autant que le quartier d’affaires de l’Ouest parisien est un quartier construit sur un enchevêtrement de dalles, avec de nombreux escaliers et ascenseurs, ce qui pourrait rendre leur circulation particulièrement complexe.
L’arrivée de ces robots sur les routes ne pourra par ailleurs pas se faire partout. Les collectivités territoriales conserveront la possibilité de déterminer les secteurs dans lesquels ils pourront circuler. Les municipalités pourront ainsi définir les zones et les itinéraires autorisés, en fonction notamment des caractéristiques de la voirie et des conditions locales de circulation.




