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jeudi 13 juin 2024
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Onclusive va virer plus de la moitié de ses salariés français pour les remplacer par de l’IA

L’entreprise spécialisée dans la veille médiatique s’apprête à licencier 217 salariés sur près de 383 afin de les remplacer par de l’intelligence artificielle.

Virés à la sauce américaine avec la recette française. C’est un plan social d’une ampleur inédite en France, non pas pour son nombre de salariés licenciés mais pour la raison avancée. L’entreprise Onclusive, spécialisée dans la veille médiatique a annoncé qu’elle allait se séparer de plus de la moitié de ses salariés français, pour les remplacer par une intelligence artificielle (IA).

D’ici à l’été prochain, 217 des 383 salariés français d’Onclusive seront ainsi mis à la porte lors de trois vagues s’etalant de janvier à juin 2024. Quatre services vont pratiquement disparaître, dont celui de la veille médiatique. Leader dans le secteur, Onclusive est en charge de récolter les articles de presse et de fournir des synthèses pour ses nombreux clients, notamment des groupes du CAC40.

C’est début septembre qu’est tombé le couperet. Lors d’une réunion en visio-conférence, Rob Stone, le CIO du fonds d’investissements Symphony Technology Group (STG), propriétaire américain depuis 2022 d’Onclusive n’y est pas allé par quatre chemins pour annoncer la nouvelle aux salariés de la branche française dont les locaux sont basés à La Défense, dans l’immeuble Adamas.

Une réunion en visio-conférence lunaire

Durant de ce meet lunaire, Rob Stone a d’abord parlé de son chien Dakota, et de sa capacité à s’intégrer facilement à un groupe de congénères, chez un pet sitter, dans une ferme lors de ses voyages d’affaires. Passé la comparaison douteuse entre les salariés d’Onclusive et des chiens, le boss américain de STG a vanté les mérites de l’IA. Cette technologie bien moins coûteuse qu’une masse salariale semble avoir convaincu l’investisseur californien de l’adopter massivement.

Si depuis le rachat par STG auprès de Kantar, des bruits de couloirs circulaient sur un potentiel plan social chez Onclusive, personne n’imaginait un tel scénario qualifié de « désastre humain ». « On ne s’attendait pas du tout à l’ampleur de ce PSE. Tout le monde est concerné du simple technicien de production au chef de service », souffle Sylvain, délégué syndical de CFE-CGC et futur licencié. « Il n’y a aucune empathie, il a pris zéro gant avec nous », s’offusque de son côté Naïma, représentante syndicale chez Solidaires Informatique, syndicat majoritaire chez Onclusive France.

Une délocalisation maquillée en IA ?

Officiellement STG avance une « mutation technologique » pour assurer la pérennité de sa filiale Onclusive. Car plutôt que parler de suppression de postes, le responsable de l’investisseur préfère évoquer une transformation d’entreprise. « Il (Rob Stone, ndlr) n’était pas très content que l’on parle de suppression de postes. C’est un gros mot pour lui de prononcer le mot salarié. Il a parlé de nous comme de l’obsolescence humaine », s’indigne Naïma.

Un logiciel d’IA que personne n’a encore vraiment vu chez Onclusive. « L’outil on ne sait pas à quoi il ressemble », précise Sylvain. Derrière cette volonté de remplacer l’humain par une IA, Naïma s’interroge sur une potentielle délocalisation des services vers des pays à bas coûts comme Madagascar, le Maroc ou la Tunisie. « Nous avons posé la question à notre direction, qui ne nous répond pas », confie-t-elle.

Et ce plan social d’ampleur ne va pas toucher que la France. D’autres pays européens où Onclusive est installée vont être impactés. Le groupe compte également tailler dans les effectifs en Allemagne, en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni.

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