Les ventes de places pour les concerts de Bad Bunny et de Céline Dion à la Paris La Défense Arena ont laissé pas mal de fans sur le carreau, désespérés de ne pas avoir décroché les précieux billets. Une frustration qui attire les escrocs en tout genre. Entre les annonces bidon sur les réseaux sociaux et les sites comme Leboncoin mais aussi les faux sites de revente, il faut se méfier, car les arnaques pullulent sur internet.
Sur X, des centaines et des centaines de messages proposent des reventes de billets pour Céline Dion alors même que les ventes viennent de débuter. Les annonces, qui se ressemblent presque toutes, sont alléchantes : « J’ai quatre billets assis pour le spectacle de Céline Dion à la Défense Arena à Paris », écrit Delphine sur le réseau social d’Elon Musk en invitant les intéressés à la contacter en message privé tout en bloquant les réponses. Sur Facebook, c’est à peu près la même chose, où les escrocs sont à l’affût de personnes crédules. Pour les démasquer, il suffit de consulter leur profil : bien souvent, les comptes ont été créés il n’y a pas très longtemps et leurs “amis” ont été ajoutés très récemment.

Bien plus vicieux : les faux sites de vente. On le sait, internet nous traque et encore plus les réseaux sociaux pour nous afficher des publicités ciblées. Et sur Facebook et Instagram, vous avez peut-être remarqué en scrollant des annonces publicitaires pour acheter des places pour l’artiste que vous adulez.
Pour Bad Bunny, qui investira la Paris La Défense Arena les 4 et 5 juillet prochains, de nombreuses fausses annonces sponsorisées s’affichent sous les noms de « Billet Event », « Meilleurs Concerts », « Concerts TicketClub Europe » ou encore « Billetterie d’événements », promettant des billets toujours disponibles alors que les deux shows affichent complet depuis des mois. Certaines pages sont même certifiées avec la petite pastille bleue. Les noms changent, mais le procédé reste toujours un peu le même.
Le pire dans tout cela, c’est que les réseaux sociaux laissent encore passer de nombreuses publicités frauduleuses malgré les signalements. Sur X, c’est surtout lié au peu de modération. Sur les réseaux de Meta (Facebook, Instagram…), ces fausses annonces sont souvent des publicités. Alors forcément, ça rapporte à Mark Zuckerberg. En signalant ces publications, vous allez recevoir au bout de quelques heures un simple message vous indiquant que la publication « n’enfreint pas les règles ». Pire : quand vous signalez une fausse pub qui se revendique comme « officielle » avec les noms de Céline Dion et/ou Bad Bunny ou encore des organisateurs dont Live Nation, et que vous communiquez dans le formulaire le nom de la véritable page de l’artiste ou entreprise, vous allez recevoir la même réponse de Meta. Et oui. Business is business.

En cliquant sur la publication, vous tomberez sur un site de vente parfaitement bien construit. En l’occurrence Pulsestickets. Le site est très rassurant et se présente comme une billetterie « 100 % officielle et garantie ». Il ressemble à ceux de Ticketmaster ou de AXS (la plateforme de vente de AEG). Miracle. Les billets introuvables sont disponibles ici. Et ça paraît crédible. Les prix affichés sont cohérents avec ceux des plateformes officielles et il y a même des catégories en rupture…
Mais à y regarder de plus près, rien ne va. Déjà, le site est bien vide. Hormis les artistes les plus prisés, aucun autre concert ou événement n’est proposé à la vente. En regardant l’historique du site, on s’aperçoit qu’il n’y en a pas. Enfin si, mais il est extrêmement récent. Le nom de domaine a été enregistré le 2 avril 2026 via le registrar Namecheap, Inc. Les coordonnées du titulaire sont masquées par un service de confidentialité, ce qui empêche de connaître publiquement le propriétaire réel. Pareil dans les mentions légales. Il n’y a presque rien. En plus des faux sites de vente de places de concert, certains se revendiquent être le site officiel de l’artiste, comme pour Bad Bunny. Là encore, c’est une arnaque. Après avoir renseigné vos informations bancaires, dans le meilleur des cas, vous ne recevrez aucun billet ou des faux billets. Plus grave encore, vous risquez de voir d’autres sommes, plus ou moins importantes, être débitées immédiatement ou ultérieurement de votre compte.
Tous ces sites bidon restent généralement en ligne quelques semaines à quelques mois avant de disparaître, laissant les personnes lésées sans aucune solution, d’autant que les escrocs ne sont bien souvent pas basés en France ni même au sein de l’Union européenne.
Alors comment ne pas se faire avoir ? Et bien déjà, passez par les canaux officiels. En France, et plus particulièrement pour la Paris La Défense Arena, les sites de revente officiels sont celui de l’enceinte elle-même, celui de Ticketmaster, celui de AXS (pour certains événements) et celui de la Fnac. Et puis il y a des sites comme Carrefour ou Leclerc qui, comme pour la Paris La Défense Arena, passent en réalité par Ticketmaster. Des fois, il y a les sites des artistes, mais c’est très rare. En dehors de ces grands sites, il y a de fortes chances que ce soit des arnaques.
Si vous n’avez pas eu vos billets car c’est complet, tout n’est pas perdu, mais méfiance. Faites attention aux sites comme Leboncoin où les arnaques sont fréquentes. En cas de deal conclu avec un vendeur, un conseil : privilégiez une vente en direct et si possible directement devant la salle, histoire de voir si le billet est authentique et que le QR code n’est pas faux ou n’a pas été scanné par d’autres personnes. A défaut d’une vente à distance, téléphonez à la personne.
Vous avez aussi le site Viagogo. Plateforme de revente connue mais controversée, elle reste très utilisée pour les billets de concerts et d’événements sportifs. Le système est relativement encadré : le vendeur est généralement payé après l’événement, ce qui limite certains abus et permet une forme de garantie pour l’acheteur. Le site propose également un service client et une garantie en cas de problème, notamment si les billets ne sont pas valides ou ne permettent pas l’entrée. Toutefois, le risque n’est pas totalement nul, avec des cas de billets problématiques, de mauvaises catégories ou encore des prix très élevés par rapport à leur valeur initiale. C’est notamment le cas de cette place proposée en revente en tribune pour Bad Bunny (pour la date du 4 juillet), affichée au tarif délirant de 10 284 euros. On retrouve également Ticketswap qui lutte pour sa part contre la spéculation en limitant le prix de revente à 105% de sa valeur nominale.
Enfin, Ticketmaster propose « officiellement » pour certains événements un système de bourse d’échange de billets entre les vendeurs et les acheteurs. Dans ce cas de figure, le risque de tromperie reste plutôt faible mais pas totalement nul. Au moins, vous pourrez être remboursé à défaut d’avoir pu assister au show.






