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mercredi 17 avril 2024
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Nanterre confie aux Archives départementales des Hauts-de-Seine des témoignages vidéo de la tuerie du 27 mars 2002

La ville de Nanterre a déposé aux Archives départementales des Hauts-de-Seine les enregistrements vidéo de quarante-six témoins du drame du 27 mars 2002 lors de son conseil municipal.

Un devoir de mémoire. Quarante-six témoignages vidéo, portant sur la tuerie du 27 mars 2002, ayant fait huit morts et de nombreux blessés, à l’issue d’un conseil municipal de Nanterre, viennent d’être déposés le 2 février aux Archives départementales des Hauts-de-Seine.

Plus de vingt ans après cette nuit tragique initiée par Richard Durn, la ville reste encore très marquée. « Depuis ce drame du 27 mars 2002 dans la salle du Conseil municipal de Nanterre, rares sont les paroles des témoins, en dehors de quelques émissions d’actualité », explique la municipalité. C’est à l’occasion de la cérémonie d’hommage du vingtième anniversaire de la tuerie que Patrick Jarry, le maire de Nanterre avait annoncé la constitution d’un fonds mémoriel, avec les enregistrements vidéo des personnes présentes dans la salle cette nuit-là, ainsi que des membres des familles des victimes.

Quarante-six témoignages dont la durée varie de trente minutes à deux heures ont ainsi été recueillis lors d’enregistrements vidéo, à partir d’un questionnaire type. En plus du fichier vidéo, un fichier audio, et le texte de transcription de l’entretien sont disponibles. Mené durant cinq mois, d’avril à août 2022, ce travail avait été confié par la ville de Nanterre à une historienne, Isabelle Antonutti et une sociologue, Safia Dahani, accompagnées par une équipe de vidéastes. Sur les quatre-vingt-une personnes contactées, quarante-neuf -principalement des ancien.ne.s élu.e.s et des membres des familles des victimes- ont accepté de livrer leurs récits, certaines choisissant de le faire ensemble.

Le bâtiment des Archives départementales des Hauts-de-Seine – Defense-92.fr

Un grand témoin de la tragédie est cependant absent de ce fonds. La députée-maire de l’époque, Jacqueline Fraysse a décliné la proposition de son ancienne mairie. « Je n’avais pas envie de pleurer devant la caméra. J’ai considéré que je ne voulais pas m’infliger cette épreuve », confie Jacqueline Fraysse qui salue cependant cette démarche « intéressante ». Toujours très traumatisés par les meurtres brutaux de ses anciens collègues, Jacqueline Fraysse invite les personnes s’intéressant au drame, à relire ses discours d’hommages, celui de 2012 et celui de l’année dernière.

« Vingt ans après, nous allons écrire une nouvelle page du récit de ce drame afin que la mémoire de cet épisode tragique qui a profondément meurtri Nanterre et a eu un retentissement national et international ne soit jamais effacée et qu’elle puisse éclairer les générations présentes et futures », explique Patrick Jarry, maire de Nanterre et conseiller départemental des Hauts-de-Seine.

Ce fonds est consultable par les chercheurs, historiens, journalistes mais aussi simple citoyens « attachés à comprendre cet évènement tragique de l’histoire de Nanterre ». La consultation est possible uniquement dans la salle de lecture des Archives départementales, « dans le respect de la législation », précisent les Archives départementales. Toute personne souhaitant accéder à un ou plusieurs témoignages doit adresser aux Archives départementales une demande d’accès par dérogation « aux délais légaux de communicabilité ». Chaque demande est alors instruite par la ville de Nanterre qui se charge de recueillir l’assentiment de chaque témoin sur la diffusion ou la réutilisation de son témoignage.

« Avec la conservation de ces témoignages, nos archives départementales participent pleinement à la commémoration de ce drame terrible. Il s’agit là du meilleur moyen de sensibiliser notre jeunesse au souvenir de cette attaque contre la démocratie, parce que les archives sont ce fonds commun qui se transmet de génération en génération. Oui, la transmission est au cœur des fonctions de nos Archives départementales », affirme Georges Siffredi, le président du département des Hauts-de-Seine et de Paris La Défense.

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