Les Hauts-de-Seine conservent leur note A+/A-1 auprès de S&P Global Ratings

S&P Global Ratings confirme la note à long terme du département, tout en anticipant une progression importante de son endettement d’ici 2028.

Le département le plus riche de France conserve une note stable. S&P Global Ratings a confirmé, le 24 juillet dernier, les notes de crédit à long terme « A+ » et à court terme « A-1 » attribuées au département des Hauts-de-Seine. L’agence de notation américaine maintient également une perspective stable pour la collectivité locale.

Selon l’agence de notation, cette perspective stable repose notamment sur l’hypothèse d’une réduction progressive des besoins de financement du département, tout en conservant une situation de liquidité jugée saine. S&P Global Ratings souligne toutefois que le ralentissement du marché immobilier devrait continuer à peser sur les performances financières des Hauts-de-Seine.

S&P Global Ratings prévoit une hausse significative de l’endettement du département dans les prochaines années. La dette devrait progresser de près de 50 % entre 2025 et 2028, en raison notamment du niveau élevé des investissements.

Les dépenses d’investissement devraient atteindre en moyenne 470 millions d’euros par an sur la période 2026-2028 contre près de 600 millions d’euros en 2024. Parmi les investissements cités figurent notamment la réalisation de nouvelles lignes de tramway, la rénovation de collèges et l’entretien du réseau routier. Certains paiements ont également été décalés à la suite de la cyberattaque ayant touché le département en 2025, contribuant à maintenir un niveau d’investissement élevé en 2026.

Selon les projections de l’agence new-yorkaise, la dette directe du département passerait ainsi de 944 millions d’euros en 2025 à 1,14 millard d’euros cette année puis 1,55 milliard d’euros en 2028. Rapportée aux recettes de fonctionnement, elle atteindrait 77,3 % en 2028, contre 49,5 % en 2025.

Malgré ces perspectives, S&P Global Ratings estime que le taux d’épargne brute devrait rester supérieur à 5 % jusqu’en 2028. Après avoir atteint 1,5 % des recettes de fonctionnement en 2024, il est remonté à 7,2 % en 2025. Cette amélioration s’explique notamment par une hausse de 27 % des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), qui représentent 28 % des recettes de fonctionnement.

L’agence prévoit cependant une progression plus limitée des recettes dans les prochaines années. Elle estime notamment que les DMTO devraient être moins dynamiques, tandis que certaines dépenses continueront d’augmenter, notamment les dépenses de personnel, les dépenses liées au RSA et les charges d’intérêts liées à la hausse de la dette.

L’agence dont le siège est basée dans le quartier financier de Lower Manhattan à New York estime ainsi que l’épargne brute du 92 devrait représenter en moyenne 6,6 % des recettes de fonctionnement entre 2026 et 2028.

S&P Global Ratings souligne par ailleurs la solidité de l’économie départementale. Le PIB par habitant des Hauts-de-Seine est estimé à environ trois fois la moyenne nationale. S&P Global Ratings met notamment en avant la présence de La Défense, présentée comme le plus grand quartier d’affaires d’Europe, ainsi que le dynamisme du marché du travail.

Le taux de chômage s’établissait à 7,1 % au premier trimestre 2026 dans le département, contre 8,1 % au niveau national selon les données citées par l’agence. Cette situation contribue notamment à limiter les dépenses sociales, estime-t-elle.

L’agence considère également favorablement la gouvernance et la gestion financière du Département, évoquant une maîtrise des dépenses de fonctionnement, des hypothèses budgétaires prudentes et un suivi jugé solide des risques hors bilan. Elle souligne également que la réponse à la cyberattaque de mai 2025 a permis de limiter ses conséquences budgétaires.

La note « A+ » est donc maintenue malgré les perspectives de hausse de l’endettement. S&P Global Ratings indique qu’une dégradation pourrait intervenir en cas d’augmentation plus importante des besoins de financement, liée notamment à des dépenses supérieures aux prévisions ou à une baisse des recettes. À l’inverse, une amélioration des performances budgétaires pourrait conduire à un relèvement de la note, sous réserve d’une évolution similaire de la notation de la France.

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