BlaBlaCar va mettre fin à ses voyages en car

L’ancienne filiale de la SNCF passée dans les mains du spécialiste français du covoiturage va cesser d’ici la fin de l’année son activité d’autocariste.

Vous ne verrez bientôt plus les cars couleur corail sur les routes de France. BlaBlaCar a annoncé ce mardi 21 avril mettre un terme, d’ici la fin de l’année, à son activité de transport en autocar BlaBlaCar Bus, qui accumule d’importantes pertes financières.

La plateforme française, leader du covoiturage, a invoqué dans un communiqué les « difficultés économiques structurelles » de cette activité d’opérateur qu’elle avait rachetée à la SNCF en 2019 sous la marque Ouibus, née dix ans plus tôt. Mais la rentabilité des « cars Macron » n’a pas été au rendez-vous.

« Cette activité d’opérateur de bus, éloignée du cœur de l’expertise technologique de l’entreprise, génère des pertes d’exploitation récurrentes et importantes », indique l’entreprise, qui, « malgré les nombreux efforts engagés pour optimiser les résultats », reconnaît qu’il « n’existe pas de perspectives d’amélioration du fait d’un déséquilibre persistant entre les coûts d’exploitation croissants et les réalités d’un marché très concurrentiel » et qu’elle doit supporter « directement l’intégralité du risque économique lié à cette activité ».

Pourtant, en août 2025, BlaBlaCar se vantait de desservir 350 destinations en France et dans d’autres pays européens, tout en mettant en avant le « succès grandissant des liaisons », avec 18 millions de passagers en 2024 pour lui et son concurrent allemand FlixBus.

Ce retrait de BlaBlaCar est une bonne nouvelle pour FlixBus, qui sera désormais l’unique gros opérateur en France après la disparition de Starshipper et Isilines, qu’il avait rachetés. Mais c’est une mauvaise nouvelle pour la quarantaine de salariés affectés à ce service qui vont perdre leur emploi. « BlaBlaCar a pleinement conscience qu’il s’agit d’un moment difficile pour les salariés concernés, dont le professionnalisme, l’expertise et l’engagement doivent être salués », précise l’entreprise, assurant être « pleinement mobilisée pour les accompagner tout au long du processus ».

L’autre grosse mauvaise nouvelle concerne également la soixantaine de sociétés sous-traitantes. Car BlaBlaCar, tout comme FlixBus, ne fait pas rouler ses propres cars. Les deux sociétés passent par des autocaristes partenaires.

L’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE) a pour sa part exprimé « sa vive inquiétude » suite à « cette décision, à la fois soudaine et inattendue ». « Ces entreprises, majoritairement des PME ancrées dans les territoires, ont structuré une part non négligeable de leur activité autour de ces marchés. Certaines ont récemment investi dans du matériel roulant, recruté du personnel ou adapté leur organisation pour répondre aux besoins de leur donneur d’ordre. Elles se retrouvent aujourd’hui exposées à une incertitude économique brutale », ajoute l’organisation.

Recentrée sur son activité originelle de covoiturage, BlaBlaCar précise cependant qu’elle continuera son rôle de marketplace en France en accompagnant les partenaires autocaristes indépendants qui souhaiteraient opérer ses anciennes lignes. « Ce modèle, déjà performant à l’international, permettrait de maintenir une offre de transport diversifiée pour les voyageurs tout en s’appuyant sur l’agilité et l’expertise opérationnelle des transporteurs locaux », ajoute l’entreprise.

Arrivés à La Défense dès la fin 2015, les cars Ouibus, puis BlaBlaCar, transitent depuis le terminal Jules Verne. Actuellement, BlaBlaCar propose des trajets vers Caen, Le Havre ou Rouen. Ces dernières années, l’opérateur avait proposé aux voyageurs d’autres liaisons, dont certaines saisonnières. De son côté Flixbus propose des liaisons vers Dieppe, Le Havre ou encore Rouen.

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