Mort de Nahel : le policier auteur du tir se pourvoit également en cassation

Le policier mis en accusation dans la mort de Nahel Merzouk a annoncé se pourvoir en cassation après la décision de la chambre de l’instruction de Versailles ordonnant son renvoi devant une cour criminelle départementale.

Ils se pourvoient tous les deux en cassation. Mais ce n’est pas pour la même raison. Florian M., le policier mis en cause dans la mort de Nahel Merzouk, a décidé de se pourvoir en cassation après sa mise en accusation devant une cour criminelle. Dans un message publié sur Facebook, son avocat Me Laurent-Franck Lienard annonce contester l’arrêt rendu par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles, estimant que la motivation de la décision est « lunaire ».

La chambre de l’instruction a ordonné le renvoi du policier, Florian M., devant la cour criminelle départementale de Nanterre -et non plus devant une cour d’assises- pour être jugé dans le cadre de la mort du jeune homme, tué lors d’un contrôle routier le 27 juin 2023 à Nanterre.

Dans son message, l’avocat du fonctionnaire affirme que « tout le monde parle de cette affaire mais personne n’a lu l’arrêt » rendu par la juridiction versaillaise. Après avoir étudié la décision, la défense, qui espérait une relaxe, indique avoir décidé de former un pourvoi en cassation.

Selon Me Laurent-Franck Lienard, la chambre de l’instruction reproche notamment à la défense de ne pas démontrer que « l’impact psychologique » d’un tir ailleurs que dans l’habitacle du véhicule n’aurait pas suffi à dissuader le conducteur de repartir. Une motivation que la défense juge incohérente. « On nous demande d’apporter une preuve impossible », affirme-t-il, estimant qu’il faudrait « faire revivre Nahel Merzouk et rejouer la scène » pour vérifier cette hypothèse.

Dans son long post Facebook, l’avocat de Florian M. estime également que la décision comporte des contradictions. Il souligne que la chambre de l’instruction reconnaît que le véhicule était en train de repartir au moment du tir et que le policier pouvait « légitimement craindre pour sa vie et celle des autres ». La juridiction relève notamment, selon lui, que le conducteur avait adopté une conduite dangereuse et tenté d’échapper au contrôle malgré l’intervention des policiers.

Malgré ces éléments, la cour d’appel a décidé de renvoyer le policier devant la cour criminelle de Nanterre. « La cour d’appel nous a donné raison sur tout, mais renvoie quand même notre client devant une cour criminelle », déplore l’avocat, qui estime que « la pression politique pollue grandement l’analyse juridique ».

La mère de Nahel, Mounia Merzouk, a également indiqué vouloir former un pourvoi en cassation après cette décision, estimant que Florian M. ne sera pas jugé aux assises pour meurtre. Cette dernière a d’ailleurs lancé un appel à une nouvelle mobilisation le samedi 21 mars dans les rues de Nanterre.

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