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vendredi 9 janvier 2026
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Dans cette tour Nuages, un système de chauffage vieillissant laisse les habitants dans le froid

En attendant d’être raccordé dans les prochaines années au réseau urbain chauffage, les résidents vont devoir faire avec un système vieillissant.

Ils ont toujours froid. Depuis cet automne, les habitants de la tour située au 2, allée de l’Arlequin, dans le quartier Pablo Picasso à Nanterre, grelottent dans leur appartement, où, pour certains, la température n’excède pas quatorze degrés. En cause, un système vieillissant mêlant chauffage collectif au sol et convecteurs électriques.

« Nous voulons que le chauffage collectif soit rétabli à dix-neuf degrés. Nous n’avions jamais eu besoin d’utiliser le chauffage d’appoint », clame Sherine, habitante de la tour Nuages. Depuis la fin de l’automne, le chauffage au sol ne délivre en effet qu’une température d’environ quatorze degrés. Le complément nécessaire pour atteindre les dix-neuf degrés est désormais à la charge des résidents.

Depuis la construction de la tour par l’architecte Aillaud, dans les années 1970, le chauffage électrique par le sol était volontairement poussé pour atteindre une vingtaine de degrés. Les locataires n’avaient donc presque jamais besoin d’allumer leurs convecteurs électriques d’appoint. Beaucoup les ont même retirés, comme Françoise, qui occupe son appartement depuis le 21 janvier 1978.

« Avant, on ne nous avait jamais demandé de brancher nos convecteurs. Je ne les ai jamais allumés depuis que je suis ici », confie Françoise, 81 ans. Thermomètre à la main, la retraitée s’indigne que son appartement ne dépasse pas 15  degrés. Elle explique que les convecteurs d’appoint installés sous les fenêtres avaient même été retirés, par crainte que, à l’époque, ses enfants ne grimpent dessus et ne basculent dans le vide.

Mais l’arrivée d’un nouveau prestataire a changé la donne. « Nous sommes revenus au calibre de base. Le nouveau contractant a estimé que ce n’était pas responsable, car on tirait trop sur une installation fragilisée », admet Yann Chevalier, directeur général de Hauts-de-Seine Habitat depuis septembre, tout en assurant que le chauffage par le sol fonctionne.

François habite dans son appartement depuis 1978 – Defense-92.fr

Face à ce changement et pour tenter d’apaiser la grogne, le bailleur social procède depuis plusieurs semaines au prêt de petits radiateurs électriques mobiles. Il prévoit également de remplacer sans frais les anciens convecteurs électriques, en panne ou absents, dans l’ensemble des logements. Une opération qui doit débuter dès le 12 janvier.

Une nouvelle façon de se chauffer qui ne convainc pas tous les habitants. « L’électricité, ça coûte cher », souffle François, qui a préféré quitter temporairement son logement pour aller chez sa fille, le temps que le thermomètre remonte. La hausse de la facture d’électricité que vont désormais supporter les résidents devrait toutefois être compensée par une baisse des charges. « Le prix des charges va baisser », assure Yann Chevalier. « L’appoint électrique est à la charge du locataire. C’est à lui de décider la température qu’il souhaite », ajoute le directeur de l’office HLM.

Reste que ce changement n’a visiblement pas été bien compris par certains habitants. « Nous n’avions pas été prévenus que nous avions un chauffage mixte. Jusqu’à présent, nous n’avions que le chauffage au sol », se désole Sherine. « Nous aurions pu mieux expliquer », reconnaît Yann Chevalier, concédant un manque de communication et de clarté de la part du bailleur.

En attendant d’être raccordés, dans les prochaines années, au réseau de chauffage urbain Idex, les résidents vont donc devoir composer avec ce vieux système mixte. Cette bascule vers le chauffage urbain s’inscrit dans le vaste programme de rénovation des tours Aillaud.

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