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dimanche 19 mai 2024
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La Défense est prête à passer l’hiver à se chauffer à l’agropellet

Idex, l’exploitant du plus grand réseau combiné de chaleur et de froid de France dans le quartier d’affaires de La Défense va utiliser pour la première fois l’agropellet comme source d’énergie.

La Défense poursuit sa décarbonation. Dans quelques jours les radiateurs du plus grand quartier d’affaires d’Europe vont être remis en service. Mais pour la première fois, leur alimentation va évoluer vers une source d’énergie plus verte. Les quelque 13 500 logements et 120 immeubles de bureaux et autres installations du quartier connectés aux deux centrales d’Idex (anciennement Enertherm) vont désormais passer l’hiver en partie chauffés grâce à l’agropellet.

Historiquement, à sa création en 1967, la centrale de Courbevoie tournait au charbon avec deux chaudières. Deux chaudières mixtes charbon et gaz naturel et une chaudière au gaz naturel, avaient été ajoutées par la suite. Reconstruite après son explosion survenue un beau jour de mars 1994, la chaufferie de La Défense et son usine de climatisation a évolué délaissant le charbon et abandonnant le gaz naturel au profit du fioul. En 2008, une centrale déportée au gaz naturel a été ouverte à Nanterre, rue Noël Pons.

Trop gourmand en énergie, mais surtout trop émetteur en CO2, les réseaux de chauffage urbains doivent désormais réduire leur empreinte carbone en utilisant des combustibles issus de la biomasse. A La Défense, Idex, le délégataire d’une grande partie du réseau de chaleur et de froid pour Généria (le syndicat mixte des villes de Courbevoie, Puteaux et Nanterre), a donc opté pour l’utilisation de l’agropellet pour atteindre l’objectif des 60 % de production d’Énergie Renouvelable et de Récupération (EnR&R).

Après plus de deux ans de travaux et près de 36 millions d’euros injectés, la centrale de La Défense installée dans le Faubourg de l’Arche a achevé sa mutation. Pour le chauffage, la centrale Idex de La Défense va désormais mixer ses sources d’énergies entre l’agropellet (35 %), le bio-fioul depuis 2018 (8 %), le gaz naturel (37 %) et la thermofrigopompe (20 %). Cette dernière méthode récupère la chaleur issue de la production de froid de l’usine, entièrement générée grâce à l’électricité.

Les agropellets sont fabriqués à partir de matières premières d’origine agricole – Defense-92.fr

Actuellement utilisé principalement à des fins domestiques ou pour des usages limités, le recours à l’agropellet pour chauffer tout un quartier « est une première en France et même en Europe », se félicite Frédéric Joseph, le directeur régional d’Idex. À La Défense, les besoins seront considérables. « Nous allons utiliser de 10 à 20 % de la capacité française d’agropellets, soit 20 000 à 40 000 tonnes par an », explique le directeur régional d’Idex.

Ces petits granulés, fabriqués à partir de déchets agricoles (maïs, coque de noix, paille de colza, sarments de vignes, noyaux d’oliles,…), seront produits en France avant d’être transférés dans un dépôt de Gellainville à côté Chartres (28), puis acheminés par voie ferroviaire jusqu’à la centrale de Courbevoie. Délaissé depuis pas mal d’années déjà et coïncidant avec la fin des travaux d’Eole, les deux voies de chemins de fer raccordées à la ligne L vont reprendre du service. Et le trafic sera important, puisque ce ne sont pas moins de deux à trois convois de douze wagons chacun pour une capacité d’un millier de mètres cubes qui desserviront chaque semaine la centrale.

Les agropellets seront ensuite acheminés vers un immense silo de stockage d’une capacité de 1 500 mètres cubes et profond d’une dizaine de mètres, situé à l’emplacement de trois anciennes cuves sur les quatre que compte la centrale. Lors des périodes de grand froid, ces petits résidus ne resteront que trois à quatre jours dans le silo.

Avant d’être brûlés, les agropellets seront réduits en fine poudre par une énorme machine de 220 kW de puissance. L’installation de préparation de la poudre s’étale sur cinq niveaux et atteind une hauteur de quatorze mètres. Sortis du silo de stockage, les granulés seront soigneusement débarrassés de tout corps étranger (pierres, pièces métalliques,…) grâce à 142 marteaux, et les particules seront filtrées par une bluterie, garantissant ainsi une granulométrie inférieure à un millimètre.

Les deux chaudières fonctionnant à l’agropellet – Defense-92.fr

Sur les quatre chaudières fonctionnant auparavant au fioul, deux sont passées il y a quelques années au bio-fioul. Les deux autres qui avaient été mises à l’arrêt il y a une quinzaine d’années ont été transformées en chaudières à granules. Traitée et broyée, la poudre sera acheminée vers les deux énormes chaudières de puissance unitaire 22,5 MW. La poudre sera alors pulvérisée dans un brûleur multi-combustibles et s’enflamme au contact de la flamme pilote et de l’air comburant.

Pour réduire au maximum l’impact sur l’environnement, les fumées seront épurées et traitées. Les poussières seront quant à elles captées par un filtre. Les résidus solides issus de ces traitements seront stockés dans un silo de soixante mètres cubes avant d’être évacués et valorisés dans une filière industrielle.

Mais le recours à l’agropellet ne sera effectif qu’en période hivernale. « L’été nous utiliseront d’autres énergies. On fonctionnera entre le biogaz et la thermofrigopompe », explique Frederic Joseph.

La centrale Idex de La Défense – Defense-92.fr
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