Neuf ans après son inauguration, la Plenitude Arena change de propriétaire. Annoncée en début d’année, alors qu’elle s’appelait encore Paris La Défense Arena, la plus grande salle de spectacle d’Europe est désormais la propriété de Live Nation.
Le géant américain spécialisé dans les grands événements, dont les concerts, a annoncé ce mercredi 30 septembre avoir finalisé l’acquisition de l’enceinte auprès d’Ovalto, la holding de l’homme d’affaires Jacky Lorenzetti, qui avait imaginé cette salle pour y accueillir son club de rugby, le Racing 92.
Le montant de la transaction n’a pas été communiqué officiellement. Lors de l’annonce du projet de rachat en janvier dernier, plusieurs sources avaient toutefois évoqué une opération pouvant atteindre environ 600 millions d’euros. Une somme qui n’a jamais été confirmée ni démentie.
Avec une jauge pouvant accueillir jusqu’à 45 000 spectateurs, à mi-chemin entre le Stade de France et l’Accor Arena, la Plenitude Arena a su s’imposer comme un lieu incontournable pour les grands événements musicaux en France.
Des grandes stars de la musiques aux Jeux olympiques et paralympiques
L’enceinte, qui avait été inaugurée en octobre 2017 avec les Rolling Stones, a en une dizaine d’années vu défiler les grandes stars françaises et mondiales de la musique comme Pink, Taylor Swift, Mylène Farmer, Paul McCartney, Imagine Dragons, Dua Lipa ou encore Iron Maiden et Bad Bunny. Actuellement, c’est Céline Dion qui a fait de la salle sa résidence. Elle y reviendra pour dix dates en mai 2027.
La Plenitude Arena accueille également une multitude d’événements comme le Supercross, des shows de catch ainsi que divers salons. Elle a aussi été le théâtre des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 avec les épreuves de natation et de water-polo.
La Plenitude Arena était avant tout la maison du Racing 92. Mais la mayonnaise n’a pas pris et le club de rugby altoséquanais n’a jamais réussi à remplir les gradins de l’enceinte pour ses différentes rencontres. Bien plus rentables, les concerts ont rapidement poussé Jacky Lorenzetti à délocaliser les matchs du Racing 92. Alors qu’il avait été dans un premier temps envisagé d’alterner les rencontres du Racing 92 entre l’Arena et Yves du Manoir, c’est désormais dans sa demeure historique que le club va retourner définitivement dès l’année prochaine.
À l’aube de ses dix ans, Live Nation indique qu’il va investir « pour améliorer l’accueil du public et des artistes ». Cela passera par une modernisation des équipements de la salle afin « d’augmenter le nombre de dates disponibles et renforcer l’attractivité auprès des artistes et organisateurs d’événements français et internationaux ». Live Nation explique par ailleurs que la salle « continuera d’être gérée de la même manière, par la même équipe expérimentée ».
Une acquisition qui interroge sur le risque de monopole de Live Nation en Franc
En mettant la main sur la plus importante salle de spectacle couverte d’Europe, Live Nation, qui signe là sa première acquisition d’enceinte en France, continue de tisser sa toile en Europe. Mais cette opération pose des questions. Car, en plus d’être un producteur de spectacles, le géant américain détient le leader mondial de la billetterie, Ticketmaster. Une position ultradominante dont Live Nation se veut rassurant en promettant de « continuer à accueillir l’ensemble des organisateurs et producteurs d’événements ».
Cette vente a d’ailleurs été scrutée durant tout l’été par l’Autorité de la concurrence afin d’éviter que Live Nation n’use de son poids sur le marché. Mais entre-temps, la loi a changé, le 1er septembre dernier. Le relèvement des seuils légaux de chiffre d’affaires obligeant à notifier une fusion a totalement redistribué les cartes. Le seuil exigé en France est ainsi passé de 50 à 80 millions d’euros. La Plenitude Arena ne générant pas, à elle seule, un chiffre d’affaires suffisant pour franchir cette nouvelle barre, la procédure de contrôle n’était plus légalement obligatoire. Une véritable aubaine réglementaire pour Live Nation, qui s’est empressé de retirer son dossier afin de finaliser la vente.
Malgré tout, l’Autorité de la concurrence ne va pas se contenter d’une simple promesse du géant américain et affirme qu’elle « restera vigilante quant à cette opération et ses conséquences », notamment sur la vente des billets et son ouverture à des producteurs concurrents. Car, pour le gendarme de la concurrence, des doutes persistent quant aux risques de monopole. « À la date du retrait, les services d’instruction n’ont pas écarté tout risque d’atteinte à la concurrence », indique l’Autorité, qui regrette publiquement de ne pas avoir eu les outils juridiques pour aller jusqu’au bout de son enquête.



