Le curriculum vitae de son directeur de campagne ne plaît pas à tout le monde. En campagne pour conquérir l’hôtel de ville de Nanterre, Hélène Matouk fait face depuis une dizaine de jours à de vives critiques, notamment de la part de l’actuel maire, Raphaël Adam (DVG). Armand Aleksanyan, qui chapeaute la campagne de cette jeune candidate de 26 ans, est accusé d’être un proche de l’extrême droite.
Passé par des études de sciences politiques à l’université de Nanterre, Armand Aleksanyan a fait ses premières armes chez Les Républicains. Il explique ensuite avoir rejoint le parti En Marche d’Emmanuel Macron, dont il n’est plus adhérent. Il a même figuré sur la liste d’Aurélie Taquillain lors des élections de 2020. Aujourd’hui, il affirme n’avoir aucun lien avec le Rassemblement national (RN), ni avec Reconquête d’Éric Zemmour.
Se présentant comme consultant en stratégie, Armand Aleksanyan est un proche d’Erik Tegnér, avec qui il a fondé Livre Noir, devenu Frontières. Le duo a également lancé Omerta. Deux médias auxquels il ne collabore plus, reconnaissant la ligne éditoriale d’une « droite dure » de Frontières, à laquelle il dit ne plus adhérer. « J’ai quitté Livre Noir avant qu’il ne devienne Frontières. Concernant Omerta j’en suis parti en 2023 », précise l’intéressé.
Et c’est ce passé d’entrepreneur qui dérange certains à Nanterre, dont l’actuel maire, candidat à sa réélection. Pour Raphaël Adam, ces révélations suscitent « de l’émotion » auprès des habitants de Nanterre et, selon lui, « permettent de clarifier la nature du réel projet politique » d’Hélène Matouk, qu’il ne considère pas comme issue du centre ou d’une droite modérée. D’après le communiqué de Raphaël Adam, la candidature d’Hélène Matouk s’inscrit dans une « logique idéologique allant de la droite dure jusqu’aux marges de l’extrême droite, porteuse de théories nauséabondes, racistes, sexistes et complotistes ».
Des accusations qui n’ont pas trop plu aux principaux intéressés, Hélène Matouk ayant annoncé le dépôt d’une plainte pour diffamation ce vendredi contre le maire. « Le maire et sa majorité me connaissent et ils savent que je suis de droite sociale et populaire », se défend la Républicaine, qui parle de « démagogie ».
« Je n’ai rien à cacher. Tout était sur Google », affirme pour sa part Armand Aleksanyan, parlant d’un « coup bas très bas » de Raphaël Adam, ironisant sur la sortie de cette affaire. « S’il avait sorti ça juste avant les élections, ça aurait peut-être eu plus d’impact. Il a été très mauvais », ricane-t-il, affirmant également qu’il n’a aucun lien avec Marion Maréchal et qu’il n’est encore moins « un identitaire ».
Reprochée par ses adversaires d’être également proche de Bruno Retailleau, le patron des Républicains, Hélène Matouk dit se reconnaître davantage dans une « droite sociale et populaire», celle portée par Xavier Bertrand ». Concernant son directeur de campagne, qu’elle connaît depuis ses années universitaires, elle assure ne pas l’avoir choisi dans l’objectif de capter l’électorat d’extrême droite.
« Ce qui dérange, c’est mon profil. Ils ne peuvent pas m’attaquer sur le fait que je serais une bourgeoise parachutée. Ils savent que je suis d’origine maghrébine, que je vis en logement social et que je ne suis pas riche. Tout cela, ça les fait chier », confie Hélène Matouk, qui indique dans un communiqué que le passé de son directeur de campagne ne « gêne qu’une gauche réactionnaire et sectaire ». De son côté, Armand Aleksanyan met également en avant ses origines arméniennes : « Je suis immigré et naturalisé. Je suis arrivé en France à l’âge de 7 ans ».
Et pour la candidate LR, son directeur de campagne n’interfère pas dans ses idées pour sa ville. « Le rôle d’Armand Aleksanyan dans cette campagne, c’est de coordonner le pôle terrain, logistique et communication », assure Hélène Matouk, précisant qu’il n’est jamais intervenu dans l’élaboration de son programme. À l’approche du premier tour du scrutin, le 15 mars prochain, Hélène Matouk ne se dit pas inquiète de ce qu’elle qualifie d’attaques de son adversaire pour la suite de sa campagne.





