Le tracé de la future ligne 19 commence à prendre forme. Un peu moins de trois ans après son annonce, le département du Val d’Oise a dévoilé les premiers scénarios issus d’une étude d’opportunité menée au second semestre 2025 par Systra France, en collaboration avec Mensia, pour cette ligne de métro automatique.
Attendue à l’horizon 2040, cette ligne de métro automatique souterraine pourrait relier La Défense en partant du secteur des Groues –là même où se trouve la gare du RER E et ses futures stations des lignes 15 et peut-être 18– afin d’irriguer plusieurs villes du Val d’Oise et potentiellement desservir l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Quasiment oublié par les nouvelles lignes du Grand Paris Express (GPE) avec une seule gare, le 95 espère enfin bénéficier du « super métro » pour desservir un vaste bassin de population. « Nous avons besoin d’un choc de mobilité. La restitution de leur étude montre que, grâce à des trajets plus fluides, plus rapides et à de meilleures interconnexions, la ligne 19 offrira de nouvelles perspectives à l’ensemble des usagers venus de toute l’Île-de-France », s’est exprimée Marie-Christine Cavecchi, présidente du département du Val d’Oise, qui estime que « l’acte deux » du Grand Paris « n’est plus seulement opportun, il est devenu nécessaire ».
L’étude a analysé onze tracés exploratoires et cinquante-cinq gares potentielles réparties dans vingt-neuf communes, entre le quartier d’affaires de La Défense et Roissy-Charles-de-Gaulle. Selon les scénarios, la fréquentation pourrait atteindre entre 20 000 et 29 000 voyageurs à l’heure de pointe du matin, soit un niveau supérieur à celui des lignes 16, 17 et 18 du Grand Paris Express. Les tracés envisagés représentent de vingt-huit à trente-sept kilomètres de voies, avec sept à quinze gares, et permettraient de desservir environ 300 000 habitants et 170 000 emplois situés à moins de 800 mètres d’une station. Trois scénarios exploratoires sont aujourd’hui sur la table.

Le premier tracé (1A) relie Nanterre-La Folie à Gonesse, avec deux variantes. La première, « express », privilégie la vitesse commerciale en ne s’interconnectant qu’avec les gares des modes lourds. Longue de vingt-huit kilomètres, cette option serait composée de sept gares. L’autre option (1B) offre une desserte plus fine, notamment à Colombes, Argenteuil, Sarcelles et Garges-lès-Gonesse, avec des connexions aux lignes H, J, aux RER C et D et aux lignes 15, 17 et 18 Nord. Sa longueur, d’une trentaine de kilomètres, intégrerait quinze stations. Le coût est estimé à 4,8 milliards d’euros pour l’option 1A et 5,8 milliards d’euros pour l’option 1B.
Le deuxième tracé propose un tronc commun jusqu’à Villiers-le-Bel, avant deux options. La première (2A), allant vers le Nord de Goussainville et la future plateforme Agoralim, serait longue de trente-sept kilomètres avec quinze stations. L’autre (2B), vers le pôle Villiers-le-Bel – Gonesse – Arnouville, avec connexion au RER D et à la ligne 17, serait longue de trente kilomètres avec quatorze gares. Son coût est évalué entre 5,6 milliards d’euros pour la solution 2A et 6,7 milliards d’euros pour le tracé 2B.
Enfin, un troisième scénario (3) explore une desserte vers le Nord-Est des Yvelines, en complément du prolongement du T11, pour un coût estimé à environ 6 milliards d’euros. Sa longueur totaliserait trente-trois kilomètres pour treize arrêts.

Globalement, la ligne 19 représenterait un investissement compris entre 4,8 et 6,7 milliards d’euros, hors matériel roulant, un niveau situé dans la moyenne basse en coût technique par kilomètre comparé aux lignes 14, 15, 16, 17 et 18.
Au-delà de ce projet, le département met en avant un enjeu d’équité territoriale. Selon l’étude, les entreprises du Val d’Oise contribuent autant au financement du Grand Paris Express (GPE) que celles de l’Essonne ou des Yvelines, tout en ne bénéficiant aujourd’hui que d’une seule gare. Une situation que dénonce la présidente du département, Marie-Christine Cavecchi, évoquant « une inégalité totale » et estimant qu’« il faut rétablir l’équilibre », son territoire ayant versé 1,5 milliard d’euros –via en grande partie la taxe sur les bureaux– soit 5 % du projet de la SGP.
La concrétisation du projet nécessitera désormais la définition d’un modèle économique et financier solide, en lien avec l’État, la Région, Île-de-France Mobilités (IDFM) et l’ensemble des départements franciliens. Cette première étude sera complétée dans le courant de l’année 2027 par une étude plus approfondie commandée par IDFM.




