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mardi 4 octobre 2022
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PicWicToys ferme aussi discrètement que soudainement son magasin de La Défense

En difficultés, l’enseigne française de jouets a été reprise par Smyths Toys. L’offre du groupe irlandais retenue par le tribunal de commerce de Lille comprend la reprise de 41 des 45 magasins PicWicToys en France. Mais pas celui de La Défense.

Fin de partie pour le PicWicToys de La Défense. Née de la fusion en 2019 des boutiques françaises Picwic et Toys « R » Us, l’enseigne PicWicToys durement touchée par la pandémie a été placée en redressement judiciaire le 23 mai dernier.

Pour reprendre le réseau de boutiques de jouets, le tribunal de commerce de Lille a retenu l’offre du groupe irlandais Smyths Toys parmi les dix-huit dossiers déposés au total. L’enseigne irlandaise, qui compte 241 points de vente dont 90 en Europe continentale, reprend ainsi 41 des 45 PicWicToys français encore ouverts et 632 des 736 salariés, soit 85 % de l’effectif. En échange l’irlandais s’est engagé à apporter neuf millions d’euros afin d’éponger les dettes.

Une seule offre, celle de la Financière Immobilière Bordelaise (FIB) de Michel Ohayon, reprenait la totalité des magasins et 93 % de l’effectif via le groupe Hermione People & Brands (HPB), sa branche distribution. L’homme d’affaires avait pour ambition de fusionner ces PicWicToys avec ses 150 boutiques de la Grande Récré afin de devenir le numéro un du jouet en France.

Fleuron de PicWicToys, le grand flagship de La Défense implanté dans le centre commercial Westfield Les 4 Temps fait partie des quatre magasins non repris par Smyths Toys. Et le nouveau repreneur de l’enseigne n’a pas attendu très longtemps pour baisser le rideau de la boutique du quartier d’affaires. Dès le lendemain de la décision du tribunal, donc ce mercredi 6 juillet, PicWicToys a fermé à la surprise générale cette grande boutique mettant fin à une histoire de trente ans. C’est en toute fin de journée, vers 19 heures, que PicWicToys a dans un mail envoyé à ses clients et des messages postés sur les réseaux sociaux, annoncé la fermeture définitive de son grand magasin.

Cette fermeture aussi soudaine que brutale a laissé la vingtaine de salariés du magasin de La Défense sur le carreau. Mais beaucoup s’y attendaient. « On s’en doutait clairement. Le plus dur c’est qu’ils nous ont demandé des concessions comme la surpression du treizième mois, tout en nous promettant qu’il fallait revenir et de travailler gratuitement deux heures en plus par semaine », confie un vendeur, arrivé dans cette boutique à la fin des années 2000. « Ça fait mal au cœur de perdre son emploi et de fermer le magasin. On se doutait que le repreneur ne voulait pas de nous », rajoute cette autre salariée.

L’histoire de PicWicToys à La Défense s’arrête donc brutalement un soir de juillet 2022. Elle avait débuté trente ans plus tôt, en 1992 quand l’américain Toys « R » Us, au sommet de sa forme décide de s’implanter dans le centre commercial des 4 Temps. La boutique, énorme vient occuper une partie de l’ancienne Samaritaine. En 2006 à l’occasion de la rénovation et l’extension du centre commercial, la boutique se modernise, puis une nouvelle fois partiellement en 2015. C’est alors le plus grand Toys « R » Us du monde après la fermeture de celui de Time Square à New York. Mais les choses vont se gâter en 2018 quand le groupe américain Toys « R » Us tombe en faillite. Pour reprendre la partie française du réseau, c’est Picwic (via sa société d’exploitation Luderix), une enseigne appartenant à la famille Mulliez (Auchan, Decathlon,…) qui est désignée. De là, nait la fusion PicWicToys. Le magasin de La Défense est conservé mais va être remodelé. Sa surface passera de 4 000 à 2 500 mètres carrés.

Mais les offres agressives sur internet du géant Amazon, la période post-attentat de 2015, la crise des Gilets jaunes en 2018, les grèves dans les transports en commun à l’hiver 2019 auront été fatales à cette boutique désormais disparue. La pandémie du Covid-19 fût le coup de grâce en gâchant les Noëls de 2020 et 2021 de PicWicToys.

Relocation intégrale de la cellule à un autre acteur du jouet ou une tout autre enseigne, division de l’espace en plusieurs boutiques et restaurant,… : reste désormais à savoir ce que va faire le centre commercial de ce temple déchu du jouet.

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