Après la requalification des faits, le policier auteur du tir mortel sur Nahel Merzouk encourt désormais une peine moins lourde. Florian M., le policier auteur du tir ayant coûté la vie à Nahel Merzouk en juin 2023 lors d’un délit de fuite à Nanterre, sera jugé pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. La cour d’appel de Versailles qui n’a pas retenu la qualification de meurtre a ordonné, ce jeudi 5 mars, le renvoi du policier devant la cour criminelle départementale pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et non pour meurtre.
« La cour d’appel de Versailles n’a pas suivi les juges d’instruction quant à l’intention d’homicide, estimant qu’il n’était pas établi que Florian M. était animé, au moment du tir, de la volonté d’ôter la vie au conducteur », précise un communiqué de la cour d’appel. estimant que Florian M. « avait pu avoir la conviction, qu’en redémarrant, la Mercedes (que conduisait Nahel, NDLR) était susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique de tiers ou à la sienne ». La cour ajoute également qu’il « n’avait pas été établie l’absolue nécessité qui se serait imposée à Florian M. de tirer dans l’habitacle du véhicule ».
Cette décision infirme partiellement celle rendue le 3 juin 2025 par deux juges d’instruction, qui avaient ordonné le renvoi du policier devant une cour d’assises pour meurtre, conformément aux réquisitions du parquet de Nanterre. Le policier avait fait appel de cette décision.
La mort de Nahel Merzouk, survenue le 27 juin 2023 lors d’un contrôle routier à Nanterre, avait été filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux. L’événement avait déclenché plusieurs jours et nuits d’émeutes dans de nombreuses villes en France, Nanterre étant l’épicentre de la colère. Selon un bilan parlementaire d’avril 2024, ces onze jours de violences avaient fait plus d’un millier de blessés, dont 782 membres des forces de l’ordre. Près de 16 400 sinistres avaient également été déclarés aux assureurs pour un montant estimé à 793 millions d’euros.
De son côté, l’avocat de la mère de Nahel Merzouk, Frank Berton, avait indiqué espérer que l’affaire soit jugée devant une cour d’assises, estimant que « toutes les conditions juridiques sont réunies ».
Le second policier présent lors du contrôle, un temps placé sous le statut de témoin assisté pour complicité de meurtre, bénéficie d’un non-lieu. Cette décision a été confirmée en appel ce jeudi.













