Le candidat des Républicains à l’élection présidentielle de 2027, Bruno Retailleau, s’est rendu ce jeudi 23 avril à Nanterre, dans le quartier Pablo Picasso, pour présenter les grandes lignes de son programme de lutte contre les trafics de stupéfiants.
Pour ce premier déplacement depuis sa désignation par les adhérents du parti Les Républicains (LR), l’ancien ministre de l’Intérieur a détaillé un « plan d’urgence anti-trafics », estimant qu’« il faut absolument réagir parce que c’est une menace pour notre État », face à ce qu’il a qualifié de « submersion de poudre blanche ».
Je créerai un nouvel état d’urgence pour les quartiers gangrenés par le trafic de drogue. Cet état d’urgence anti-trafics permettra de boucler certains quartiers, de les faire garder, y compris par des blindés si nécessaire, jusqu’à ce que la situation soit rétablie, de saisir… pic.twitter.com/Rmk1Tgf6Vk
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) April 23, 2026
Ce dispositif, qui nécessiterait une révision de la Constitution pour être pleinement appliqué, s’articule autour de la création d’un « état d’urgence anti-trafics ». « C’est une réponse très résolue qui fera partie de mon projet présidentiel », a-t-il indiqué.
Le premier volet concerne la réponse judiciaire. Il prévoit notamment d’allonger « la durée de détention provisoire (pour) taper l’économie de la drogue » et d’instaurer des sanctions « beaucoup plus fermes » pour les mineurs, afin de « frapper dès les premiers délits ces jeunes avec des courtes peines ».
Le deuxième axe porte sur le renforcement de la présence des forces de l’ordre dans les zones concernées. Le candidat propose notamment de « boucler 24h/24 » certains quartiers touchés par le trafic afin d’en contrôler « les entrées et les sorties ». Il n’exclut pas non plus le recours à des moyens spécifiques, comme des « véhicules blindés de la gendarmerie nationale ».
L’état d’urgence antitrafics, c’est aussi une attention particulière portée aux mineurs, de plus en plus instrumentalisés par les réseaux pour contourner la loi.
Je privilégierai des peines courtes, systématiques et réellement exécutées.
La certitude de la sanction sera au cœur… pic.twitter.com/c4S4g1eqiP— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) April 23, 2026
Selon lui, entre cinquante et soixante quartiers pourraient être concernés par ces mesures, visant des zones « qui sont dans une situation où j’estime qu’elles échappent désormais à la loi de la République ». Enfin, un troisième volet prévoit des mesures administratives, notamment pour « frapper au portefeuille » des narcotrafiquants.
Lors de ce déplacement, Bruno Retailleau était accompagné de plusieurs élus de son parti, dont Roger Karoutchi et Philippe Juvin, ainsi que de l’élue de Nanterre Hélène Matouk.
Ce déplacement a suscité la réaction du maire de Nanterre, Raphaël Adam, qui a dénoncé « une opération de communication » menée « sur le dos » des habitants du quartier du Parc Sud. L’édile a également critiqué son opposante, l’accusant d’appartenir à une « droite dure » qui « épouse volontiers les thèses de l’extrême droite ».
L’économie de la drogue, c’est du capitalisme criminel.
Comme Al-Capone, il faut les frapper au portefeuille. pic.twitter.com/Jz7N90FDXi
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) April 23, 2026

















