La salle était bondée pour son premier grand meeting. L’actuel maire de Nanterre, Raphaël Adam, qui a succédé à Patrick Jarry (DVG) en octobre 2023, a dévoilé samedi 14 février ses « 200 engagements » pour la ville et son équipe, composée de cinquante-quatre personnes « exceptionnelles et expérimentées » issues de divers horizons.
Raphaël Adam, qui se présente sans étiquette, s’est dit « très fier de son programme », élaboré après avoir rencontré 1 500 habitants dans les onze quartiers de la ville. « Le programme n’est pas un programme national identique dans chaque ville. C’est un programme pour Nanterre et ses habitants », a-t-il déclaré, parlant d’une ville « mixte et populaire, tolérante et ouverte sur le monde ».
Avec sa liste « Choisir Nanterre », Raphaël Adam promet de faire du logement l’un des principaux axes de son projet avec la poursuite de la construction de logements HLM, le développement du bail réel solidaire, la transformation de bureaux vacants en logements, le renforcement de la prévention des expulsions, l’encadrement du coliving et la lutte contre les loyers « excessifs ».
Le candidat promet également de s’opposer aux fermetures de classes, de créer des unités adaptées pour les enfants en situation de handicap ou autistes, et d’accélérer la rénovation et la végétalisation des écoles.
La liste de Raphaël Adam assure que son programme reposera sur la « solidarité et les droits », avec un renforcement de l’accompagnement pour les titres de séjour, la création possible d’un fonds de solidarité pour les personnes en rupture de droits et une « mobilisation contre toutes les discriminations ». Raphaël Adam veut également « protéger et reloger » les femmes victimes de violences, « prévenir, former et sensibiliser » les élus et les agents municipaux aux violences sexistes et sexuelles, mais aussi « lutter contre les stéréotypes de genre et le masculinisme, dès le plus jeune âge ».
Raphaël Adam entend aussi faire de l’écologie et du cadre de vie un pilier de son mandat, avec la création d’une vingtaine d’hectares de nouveaux espaces verts et la poursuite de la rénovation urbaine, notamment des tours Nuages dans le quartier Pablo Picasso. Il promet en outre de rénover les équipements sportifs, d’ouvrir de nouveaux gymnases, de développer le sport féminin et de créer un club d’e-sport.
Sur le volet sécuritaire, Raphaël Adam se félicite qu’au cours de l’actuelle mandature, le nombre de caméras de vidéoprotection soit passé de 55 à 160. Pour la suite, il promet d’intensifier la vidéo-verbalisation en poursuivant le déploiement de la vidéoprotection, d’augmenter les effectifs de la police municipale, de poursuivre les actions menées contre la vente à la sauvette aux abords des gares et des marchés, de lutter contre l’affichage sauvage, ou encore de créer une brigade de l’environnement composée de gardes champêtres, chargée notamment de lutter contre les dépôts sauvages.
Parmi ses autres engagements figurent l’instauration d’une votation citoyenne (à partir d’un millier de signatures), une consultation « Vivre à Nanterre en 2050 », une assemblée citoyenne ouverte aux résidents étrangers, ainsi que la réduction des délais de réponse municipale.
Enfin, le candidat propose de créer une foncière commerciale solidaire, de développer des boutiques éphémères pour les créateurs et d’apporter « un soutien renforcé » au commerce de proximité.
Pour sa campagne, Raphaël Adam se félicite du soutien de plusieurs dizaines de figures emblématiques de la ville, dont les deux anciens maires communistes Patrick Jarry (qui figure sur sa liste) et Jacqueline Fresse, tous deux présents lors du meeting.
Si Raphaël Adam rallie avec lui l’appui de plusieurs partis, dont les Écologistes, le Parti Communiste Français (PCF) et Génération.s, il devra affronter la liste de l’insoumis Nicolas Huyghe. Sans le nommer directement, ni évoquer la candidature de gauche de Samia Kasmi, il a regretté le « choix de la désunion », motivé selon lui par un « pur sectarisme » ou par « des intérêts personnels » de certaines forces de gauche lors de ces élections.
Par ailleurs, Raphaël Adam n’a pas hésité à tacler sévèrement sa concurrente Hélène Matouk, dont le directeur de campagne est reproché d’être proche de l’extrême droite. « « Nous n’avons qu’un seul adversaire politique : c’est la droite », a-t-il déclaré, estimant qu’Hélène Matouk avance masquée sous couvert d’une « droite et du centre ». Pour lui, « les idées rances et xénophobes de la droite identitaire et des nostalgiques de la France coloniale » n’ont pas « leur place » à Nanterre, qui ne « transigera jamais avec l’extrême droite ».
L’élu s’en est également pris à la droite alto-séquanaise, qu’il accuse de ne pas respecter le quota de logements sociaux, citant « La Garenne-Colombes, Neuilly ou Puteaux ». « Les Nanterriens ne doivent pas payer le prix des politiques hors la loi des villes voisines. Ils ne doivent pas subir le refus du vivre-ensemble des barons de la droite des Hauts-de-Seine », a-t-il scandé, avant d’ajouter : « Je continuerai d’exiger du préfet que la majorité des dossiers Dalo relogés concerne des demandeurs Nanterriens ».



