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mercredi 22 mai 2024
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Le télétravail met les restaurateurs et commerçants de La Défense au bord du gouffre

Depuis le début de la pandémie du Coronavirus il y a tout juste trois ans, les affaires des commerçants et restaurateurs du quartier d’affaires ont viré au cauchemar.

La poule aux œufs d’or a viré au cauchemar éveillé. Pendant des années avoir un restaurant aux pieds des tours du quartier d’affaires était synonyme d’affaires juteuses. Mais tout a brusquement changé il y a trois ans. Tout d’abord par les longues grèves de 2019, mais surtout par une pandémie apparue en mars 2020. Si le Coronavirus semble aujourd’hui être un mauvais souvenir, ses conséquences sont toujours bien visibles.

Car la pandémie a profondément changé la façon de travailler de bon nombre de salariés. Auparavant l’exception, le télétravail est devenu une norme. Si les salariés de La Défense sont massivement revenus aux bureaux depuis l’année dernière, désormais leurs présence, ne représentent en moyenne, que deux à trois jours par semaine. Et comme partout c’est les lundis et vendredis qui sont privilégiés pour le travail distanciel. Conséquence : le quartier de l’Ouest parisien est dorénavant déserté les vendredis et dans une moindre mesure les lundis.

Une association de commerçants et restaurateurs pour s’aider

Une nouvelle façon durable de travailler qui ne fait pas du tout les affaires des commerçants et restaurateurs de La Défense, très dépendants de cette clientèle au fort pouvoir d’achat. La belle affaire pour un grand nombre d’entre eux a désormais viré au naufrage. Noyés par d’énormes loyers et asphyxiés par les Prêts Garantis par l’État (PGE) à rembourser, les commerçants n’y arrivent plus avec cette semaine raccourcie. Tout leur business est dorénavant concentré sur trois jours. Et le mouvement social actuel contre la réforme des retraites n’arrange rien…

Hormis les enseignes du centre commercial Westfield Les 4 Temps qui continuent de bénéficier sept jours sur sept d’une clientèle aussi bien de bureaux que de riverains, l’ensemble des commerçants installés un peu partout le long de la dalle souffrent.

Un certain nombre d’entre eux a mis la clef sous la porte. Et pour ceux qui sont toujours en activité, la situation est extrêmement compliquée, voire catastrophique. Pour surmonter cette crise structurelle, une trentaine de commerçants, restaurateurs et hôteliers s’est fédérée autour de l’association « Action Défense », créée fin 2022. Ensemble, ils en appellent une nouvelle fois au gouvernement, plus particulièrement à Olivia Grégoire, la ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises.

« La Défense a eu des hauts et des bas. Mais, là on est sur un particulièrement bas »

Véritable symbole d’une hécatombe et d’un désarroi généralisé, ils n’étaient qu’une vingtaine de commerçants réunis ce lundi après-midi sur les marches de la Grande Arche pour clamer leurs désarrois, alors qu’il y a un an, le précédent rassemblement avait réuni 120 personnes.

« La Défense a eu des hauts et des bas. Mais, là on est sur un particulièrement bas », souffle Esther Miquel, présidente de l’association Action Défense et à la tête du restaurant japonais Kodeo. Aujourd’hui les commerçants du quartier aimeraient que leurs différents bailleurs baissent leurs loyers mais aussi que les PGE soient effacés.

« C’est un rêve pieu, mais il faudrait peut-être revoir le télétravail pour que tout le monde ne vienne pas les mêmes jours à La Défense », confie Esther Miquel. « Aujourd’hui j’ai plein de monde les mardis et jeudis, mais le vendredi je n’ai personne », rajoute la fondatrice de Kodeo.

« Ce qui m’a tué c’est le télétravail »

Fleurissant avant la pandémie le caviste Apogé résiste tant bien que mal à ce monde d’après. « On a une grosse perte de flux le vendredis et le lundi c’est devenu trop imprévisible pour la fréquentation », se désole de son côté Christophe Macra qui chiffre sa baisse de chiffre d’affaires à environ 30 %.

Il y a eu ceux qui végètent, et ceux qui sont mort… Depuis quelques mois plusieurs enseignes ont baissé définitivement leurs rideaux. C’est notamment le cas d’Olivier Perret qui a été contraint de fermer en novembre dernier son salon de coiffure Jean-Louis David du Cnit et de mettre au passage huit salariés au chômage. « Le loyer était trop important, tout comme ma dette. Ce qui m’a tué c’est le télétravail », souffle ce franchisé.

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