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lundi 27 mai 2024
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Mort de Nahel : une reconstitution sous haute sécurité pour éclaircir les zones d’ombre

À un peu moins d'un an de la mort de Nahel, une reconstitution était organisée ce dimanche dans un quartier totalement bouclé.

Une reconstitution cruciale. C’est sous un ciel maussade et dans un quartier totalement sécurisé que s’est déroulée, ce dimanche, la reconstitution de la mort de Nahel, abattu le 27 juin 2023 par un tir du policier Florian M., à l’issue d’une course-poursuite dans les rues de Nanterre. Ce dénouement tragique avait déclenché d’intenses émeutes d’abord à Nanterre, avant de se propager rapidement dans toute la France.

Si le calme est depuis revenu à Nanterre, la crainte d’une nouvelle escalade a poussé la justice à mener cette journée de reconstitution sous la protection d’un dispositif policier très important. Autour de la place Nelson Mandela, étroitement surveillée, des policiers de l’IGPN et les magistrats chargés de l’enquête ont tenté de reconstituer précisément, seconde par seconde, le déroulement du drame de cette belle journée d’été.

Maintenus à distance des journalistes, des curieux et des proches de Nahel, le secteur en travaux du boulevard de La Défense et du boulevard des Bouvets, où s’est produit le drame, était dissimulé derrière des barrières métalliques. Derrière ces barricades, Florian M. et son collègue policier protégé d’un gilet pare-balles, accompagnés de leurs avocats ainsi que des deux passagers de Nahel, ont revécu les événements sous le regard des magistrats chargés de l’enquête. Des figurants ont également participé à cette reconstitution grandeur nature.

La Mercedes A45 AMG jaune dans laquelle Nahel âgé de 17 ans a perdu la vie lors de sa fuite était enveloppée de plastique blanc et noir, posée sur un camion-plateau. Pour la reconstitution, les enquêteurs ont fait venir un véhicule similaire ainsi que deux motos, utilisés par les policiers.

Depuis le 27 juin 2023, les deux policiers impliqués ont maintenu leur version des faits, affirmant qu’ils étaient « en danger de mort » car coincés entre la voiture et un mur, justifiant ainsi le tir de Florian M. Une autre zone d’ombre reste à éclaircir. Dans la séquence captée par la vidéo d’une témoin, certains entendent le policier crier à son collègue « Shoote-le ! », tandis que d’autres perçoivent « Coupe-le ! », en parlant du moteur de la voiture de Nahel. Une petite phrase difficilement audible que les enquêteurs n’ont finalement pas pu clarifier.

Florian M., âgé de 38 ans au moment des faits, avait été placé en détention provisoire pendant cinq mois. Il avait finalement été libéré et placé sous contrôle judiciaire en novembre dernier après plusieurs demandes de son avocat suscitant la colère de la mère de Nahel.

Alors que cette reconstitution avait suscité des craintes de nouvelles violences, aucun incident n’a marqué la journée. « Nous avons parlé avec les jeunes en amont. Nous leur avons demandé de ne pas venir ou de rester aux abords et de garder le calme », confie un médiateur de Nanterre. Un appel qui a été entendu, car il faut reconnaître que les violences extrêmes, dont les stigmates sont encore visibles aujourd’hui à Nanterre, ont laissé de très mauvais souvenirs aux habitants.

« Le calme autour des lieux de la reconstitution ne me surprend pas », confie Majid, un résident de la cité Berthelot. Pour lui, « le message est passé partout » à Nanterre et l’appel au calme de la mère de Nahel et de ses proches a permis l’apaisement. « L’air de rien, ça a beaucoup joué. C’est quelqu’un de respectée et donc d’écoutée », ajoute-t-il.

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